30 mars 2011

laïcité : une mise en garde religieuse

La Conférence des responsables de culte en France, créée le 23 novembre dernier, se fait connaitre du grand public par une tribune commune de ses membres (représentants des six grandes religions de France) publiée ce jour dans La Croix et Le Parisien. Dans leur déclaration (texte intégral à lire), ces responsables religieux prennent position et lancent une mise en garde solennelle à ceux qui veulent obstinément un débat sur la laïcité et l'islam.

Sarkozy et Benoît XVI au Vatican le 20 décembre (Osservatore Romano/Reuters)

En effet, ils soulignent que «la laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble».
«Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis», mettent-ils en garde, en estimant «capital, pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation».
«Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. (…) Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul?», s’interrogent-ils.

Les religieux disent à leur manière qu'ils n'assisteront pas à ce débat, tout comme François Fillon. C'est à désespérer Nicolas Sarkozy, le chanoine de Latran.

Signataires de l'appel :
Cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, avec Mgr Laurent Ulrich, vice-président de la Conférence des évêques de France
Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, avec le pasteur Laurent Schlumberger, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France
Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France
Grand rabbin Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, avec le rabbin Moshé Lewin, porte-parole du Grand rabbin de France
Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, avec Anouar Kbibech, secrétaire général du Conseil français du culte musulman
Révérend Olivier Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France

28 mars 2011

La laïcité devient une menace du pacte républicain

Après le débat sur l'identité nationale, celui sur la laïcité est clairement un débat stigmatisant de l'islam. Jean-Louis Borloo,sceptique vis-à-vis du bien-fondé de ce débat, a  récemment déclaré que la laïcité ne doit pas être une arme braquée sur une religion.
Voici un poids lourd du parti de Nicolas Sarkozy qui reconnait implicitement que c'est bien la religion musulmane qui est la cible principale de toute cette tambouille populiste.

Le président de la Fédération protestante de France, perplexe, nous éclaire encore mieux par ses propos au micro de France Inter.



Pour mémoire, Nicolas Sarkozy est bien celui qui disait "non à l'islam des caves" en 2002, comme l'illustre ce petit reportage. Aujourd'hui il veut à tout prix un débat sur l'islam.

A force de stigmatiser une partie de la population, d'opposer les uns contre les autres, c'est le pacte républicain que l'on cisaille consciencieusement.

26 mars 2011

La droite en peine avec la diversité en colère

La diversité en colère
L'ancien conseiller du président à la diversité, Abderrahmane Dahmane,a été viré par Nicolas Sarkozy pour avoir critiqué sa campagne sur la laïcité et l'islam. Notamment, en évoquant publiquement l'exaspération des musulmans qui se sentent traités comme des boucs émissaires. Cet épisode semble avoir abouti à la création de « l'union des Français musulmans », sorte de branche musulmane de l'UMP. Le but de la manœuvre ? Tenter certainement de rassurer l’électorat musulman.

Maintenant, le chef de file du Cercle de la diversité, un mouvement affilié à l’UMP rassemblant des cadres d’origine africaine, vient de claquer la porte du parti présidentiel. Pour quelle raison ? Dogad Dogui explique : « il y avait déjà eu le discours de Grenoble de Sarkozy, maintenant, c’est le ni-ni (ni FN ni PS) et les déclarations de Guéant, la coupe est pleine».
Dogad est déçu et en colère, car il fait partie de ceux qui avait cru au discours mystificateur du candidat Nicolas Sarkozy.

Alors verra-t-on l’avènement de l'union des Français d'origine africaine d'ici 2012 ? Les paris sont ouverts.

24 mars 2011

La France a besoin de 10 millions d'immigrés

Deux économistes affirment que la France a besoin de 10 millions d'immigrés d'ici 2040 pour sauver son économie moribonde : Le salut de la France passe donc par un recours massif de l'immigration. Encore faut-il que ces migrants optent pour l'Hexagone.

Comment intégrer ces 10 millions d'arrivants alors que la France a déjà tant de mal à le faire avec les enfants d'immigrés ?

Valérie Rabault : nous ne sommes pas naïves. La tâche ne sera pas facile. Un des moyens les plus efficaces pour intégrer ces immigrés est de mettre à bas la ghettoïsation. Selon une étude réalisée par des chercheurs américains, le coût de la ghettoïsation représente 3,8 % du PIB des États-Unis. Rapporté au PIB français, toutes choses égales par ailleurs, on frôle les 80 milliards d'euros. On pourrait faire beaucoup de choses pour stopper ce phénomène.


Mais il n'y a pas que l'argent qui compte !

Karine Berger : il faut que les immigrés aient des modèles, qu'ils soient persuadés que l'ascenseur social n'est pas bloqué au rez de chaussée pour eux. Les arrivées au gouvernement de Rama Yade, de Fadela Amara, de Rachida Dati furent très positives. Mais ces exemples sont peu nombreux. Combien y a t il de personnes issues de l'immigration à la tête d'entreprises du CAC 40 ? Aucune.?

Elles ont répondu ici aux questions de La Tribune.fr

"Les Trente Glorieuses sont devant nous", édition Rue Fromentin, 20 euros.

23 mars 2011

Le travail illégal n'est pas qu'une affaire de clandestins

Le travail dissimulé ne se limite pas à l'emploi de travailleurs immigrés clandestins. Il concerne aussi de nombreux Français. Le renforcement de la répression en cours actuellement vise pourtant exclusivement les sans-papiers.


Trop souvent, on fait l'amalgame entre travail clandestin et immigration illégale. De nombreux immigrants travaillent certes clandestinement, mais la grande majorité de ceux qui travaillent clandestinement ne sont pas des immigrés illégaux. Le projet de loi sur l'immigration discuté actuellement au Parlement prévoit des "normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l'encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ".

Est-ce à dire que les employeurs de Français au noir peuvent dormir tranquille ?

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